Le partenaire d'Afdi au Cambodge : la FAEC

Fédération des Associations Paysannes promouvant l’Entreprise Agricole Familiale au Cambodge

La FAEC a été fondée le 4 septembre 2009 par les représentants des présidents des associations et coopératives de 8 provinces : Svay Rieng, Prey Veng, Kandal, Takeo, Kampong Speu, Kampot, Kampong Thom et Battambang.

Elle est actuellement composée d'environ 50 membres (coopératives, associations) de 10 provinces.

 

La FAEC s’est donné pour mission le soutien et la promotion du  développement de l’économie familiale particulièrement pour protéger les droits et intérêts des paysans.

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La FAEC s'est donné deux objectifs : 

 

- Renforcement de son organisation (outils de gouvernance, renforcement des alliances avec les autorités et acteurs du développement, communication interne et externe)

 

- Développement des services à ses membres (professionnalisation de l’agriculture familiale, formation des paysans aux standards de production nationaux et internationaux, création de coopératives, formation des jeunes ruraux, préservation de l’environnement et des ressources naturelles)

 

En partenariat avec l'Afdi Normandie, Afdi Alsace soutient la FAEC dans ces deux objectifs.

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L'agriculture Cambodgienne

Culture du poivre de Kampot

Riz paddy - non décortiqué

Ferme Cambodgienne

Haricots-mètres et salades

La population du Cambodge était estimée à 15,3 millions d’habitants en 2019, en croissance de 1,28 %. 

 

Dans son rapport 2017, le PNUD classe le Cambodge au 184e rang sur 228 pays, avec un indice de développement humain de 0,582 (en progression).

Si la pauvreté a beaucoup reculé, elle reste particulièrement « concentrée » dans les zones rurales (90 %).

 

La population vit à 77% dans les communautés rurales. Le ministère de l'agriculture cambodgien souligne que la grande majorité des personnes pauvres sont des familles agricoles.

80 % de la population active est employé par l’agriculture, la pêche et les activités forestières. L'agriculture contribue au PIB à hauteur de 22% (2018). 

Il apparaît que près de 2/3 des 1.6 millions de ménages ruraux sont victimes chaque année d’épuisement saisonnier de leurs réserves alimentaires. Le Cambodge a ainsi des niveaux de malnutrition parmi les plus élevés d’Asie.

Cette pauvreté est notamment liée aux problèmes d’accès aux ressources naturelles, ressources foncières, services de base et des niveaux d’endettement élevés des ménages.

 

Le riz, principale source de revenu des paysans, constitue également la base de leur alimentation (estimé à 68 % des apports caloriques). Quand cette denrée vient à manquer, les familles se trouvent dans des conditions proches de la famine, contrainte de vendre quelques animaux ou de quitter le village en quête d’un travail. En l’absence d’autres choix, les familles empruntent du riz ou de l’argent, à des taux d’intérêt atteignant souvent 100 %. Aussi, si elles ne parviennent pas, en quelques mois à rembourser leur dette, ces familles sont contraintes à vendre leur terre et à migrer vers les bidonvilles de Phnom Penh ou vers de nouvelles terres moins fertiles.

 

Une agriculture essentiellement familiale

 

Basée essentiellement sur la production familiale avec des exploitations dont la surface moyenne est de l'ordre de 1 hectare par famille, l’agriculture tient encore une place primordiale dans l’économie du Cambodge.

 

Elle représente :

1. La production principale et source de subsistance de 77 % de la population cambodgienne et plus de 70 % des emplois

2. Une part non négligeable des exportations du Cambodge (caoutchouc, soja, riz, bois, bétail)

 

L’agriculture cambodgienne est extrêmement peu diversifiée, avec 90% des surfaces agricoles consacrées à la culture du riz (soit 3,2 millions d’hectares et 10,6 millions de tonnes de riz paddy en 2019 - source FAO) sans pour autant occuper une place importante sur le marché mondial.

 

Le riz est en grande partie consommé dans le pays. Environ 1 million de tonnes de riz équivalent blanchi est exporté chaque année, notamment vers la France. Cette situation risque d'évoluer à la baisse à partir de 2019 car les droits de douane ont été rétablis (voir à ce sujet l'article de RFI). 

Cette situation globalement excédentaire masque des disparités régionales et reste fragile, car très dépendante des aléas climatiques. La productivité de l’agriculture cambodgienne est extrêmement faible ; elle s’améliore cependant, en témoigne la croissance des rendements en riz paddy de 1,82 tonne/ha en 2001 à 3,3 tonnes/ha en 2018. 

La densité de la population rurale s’élève alors que la surface moyenne des exploitations se réduit fortement : 80% des exploitants possèdent aujourd’hui moins de 2 ha de terrain, contre 53 % en

1962.

 

La dynamique de défriche et d’extension des surfaces cultivées ne permet plus d’absorber la croissance démographique. De plus, un phénomène important de concentration foncière apparaît alors que le taux de paysans sans terre se situe entre 12 et 20% et leur nombre en croissance annuelle de 2%. Trois raisons principales sont notamment évoquées pour la perte de terre suite à la vente : maladie (souvent liée à l’utilisation de pesticide en culture maraîchères), endettement, insuffisance alimentaire.

élevage volailles jeune Svay Rieng 2020

Elevage familial de poulet